L'alcool et l'apnée du sommeil

Article mis a jour le 17.07.2024

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Principaux enseignements :
  • La consommation d'alcool détend les muscles de la gorge, ce qui augmente la fréquence et la gravité des épisodes d'apnée.
  • L'alcool perturbe le cycle du sommeil, entraînant un sommeil fragmenté et de moindre qualité, vous laissant ainsi sans fraîcheur.
  • Pour gérer efficacement l'apnée du sommeil, il est préférable d'éviter la consommation d'alcool dans les heures qui précèdent le coucher.
Certaines personnes pensent que boire un verre ou deux avant de se coucher les aide à s'endormir plus rapidement. Cependant, cette pratique courante peut en fait faire plus de mal que de bien, en particulier pour les personnes souffrant d'apnée du sommeil.

La relation entre l'alcool et l'apnée obstructive du sommeil

L'alcool détend les muscles du corps, y compris ceux de la gorge. Ce relâchement accru peut entraîner un affaissement plus facile des voies respiratoires, en particulier chez les personnes souffrant d'apnée obstructive du sommeil. Également appelé SAOS (Syndrome d'Apnées Obstructives du Sommeil), ce rouble du sommeil dans lequel les voies respiratoires se bloquent de manière répétée pendant le sommeil, provoque des interruptions de la respiration.
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Dr Thierry CASTERA, médecin du sommeil

La consommation d'alcool peut-elle provoquer l'apnée obstructive du sommeil ?

Bien que la consommation d'alcool ne provoque pas directement l'apnée obstructive du sommeil, elle peut augmenter de manière significative le risque et la gravité de cette affection.

Le rôle de l'alcool dans ce processus est lié à ses effets relaxants sur les muscles. Lorsque vous buvez de l'alcool, en particulier à l'heure du coucher, vous détendez les muscles de tout votre corps, y compris ceux de la gorge. Cette relaxation accrue peut favoriser l'affaissement des voies respiratoires pendant le sommeil, ce qui est le principal problème du SAOS [1].

Des études ont montré que les personnes qui consomment de l'alcool avant de dormir connaissent des épisodes d'apnée plus fréquents et plus graves que celles qui s'abstiennent [2].

Il est important de faire la différence entre une consommation occasionnelle et une consommation chronique d'alcool. Une consommation occasionnelle peut temporairement aggraver les symptômes du SAOS, tandis qu'une consommation excessive chronique peut entraîner des problèmes de santé à long terme susceptibles de contribuer au développement du SAOS. La consommation chronique d'alcool peut entraîner une prise de poids et d'autres problèmes qui aggravent l'apnée du sommeil.

La consommation d'alcool peut-elle aggraver l'apnée obstructive du sommeil ?

La consommation d'alcool peut effectivement aggraver l'apnée obstructive du sommeil (SAOS). L'alcool peut exacerber les symptômes de le SAOS de plusieurs façons :

  • Détente musculaire : L'alcool détend les muscles du corps, y compris ceux de la gorge. Pour les personnes souffrant de SAOS, ce relâchement peut être particulièrement problématique. Cet effet est plus prononcé lorsque l'alcool est consommé près de l'heure du coucher.

  • Augmentation de la gravité du SAOS : Des études ont régulièrement montré que la consommation d'alcool augmente la gravité du SAOS. L'étude a montré que même une consommation modérée d'alcool peut avoir un impact significatif sur la gravité des épisodes d'apnée.

  • Effets sur le système nerveux central : L'alcool affecte le système nerveux central, modifiant les schémas respiratoires normaux du corps. Il peut réduire la capacité du cerveau à détecter les faibles niveaux d'oxygène et à signaler au corps de se réveiller et de respirer [3].

  • Perturbation de l'architecture du sommeil : L'alcool a un impact sur l'architecture du sommeil, ce qui contribue à aggraver le SAOS. Bien qu'il puisse vous aider à vous endormir plus rapidement, il perturbe le cycle global du repos, réduisant ainsi la quantité de sommeil paradoxal réparateur.

  • Efficacité réduite de la PPC : Le relâchement des muscles des voies respiratoires peut empêcher l'appareil de PPC de maintenir les voies respiratoires dégagées, ce qui entraîne des épisodes d'apnée plus fréquents malgré l'utilisation de l'appareil.

L'utilisation d'une PPC affecte-t-elle l'impact de l'alcool sur l'apnée obstructive du sommeil ?

Bien que les recherches soient encore limitées, des études suggèrent que l'utilisation de la pression positive continue (PPC) peut réduire ou éliminer les effets de la consommation d'alcool sur l'apnée obstructive du sommeil.

La PPC est un traitement courant de l'apnée obstructive du sommeil qui fonctionne en délivrant un flux régulier d'air sous pression à travers un masque, ce qui aide à maintenir les voies respiratoires ouvertes pendant le sommeil. Cela empêche ces dernières de s'affaisser et permet de réduire la fréquence des épisodes d'apnée.

Bien que seules quelques petites études aient exploré l'interaction entre la consommation d'alcool et l'utilisation de la PPC chez les personnes souffrant de SAOS, les résultats sont prometteurs. Ces dernières indiquent que les appareils de PPC peuvent prévenir efficacement les perturbations respiratoires chez les personnes ayant consommé de l'alcool. Il est d’ailleurs important de noter que ce bénéfice a été observé sans qu'il soit nécessaire d'ajuster les réglages de pression des appareils de PPC.

L'alcool et les autres problèmes respiratoires liés au sommeil

L’impact de l’alcool ne se limite pas uniquement à l’apnée obstructive du sommeil. Ce dernier peut également avoir un impact significatif sur divers troubles respiratoires liés au sommeil. En effet, il affecte le système nerveux central, détend les muscles de la gorge et modifie les schémas respiratoires normaux, ce qui peut aggraver des troubles tels que l'apnée centrale du sommeil (ACS), l'hypoventilation et le ronflement.

Comment l'alcool affecte-t-il l'apnée centrale du sommeil ?

L'apnée centrale du sommeil (ACS) survient lorsque le cerveau ne parvient pas à réguler correctement la respiration. L'alcool peut aggraver cette pathologie, l'en réduisant l'activité cérébrale et en ralentissant le système nerveux central, ce qui entraîne un ralentissement et une irrégularité de la respiration. Cela peut augmenter la fréquence et la gravité des épisodes d'apnée.

Comment l'alcool affecte-t-il les autres troubles respiratoires liés au sommeil ?

L'alcool peut exacerber l'hypoventilation, un état dans lequel la respiration est trop faible ou trop lente, ce qui entraîne une consommation insuffisante d'oxygène. Cette situation est particulièrement problématique pour les personnes souffrant de troubles tels que le syndrome d'hypoventilation due à l'obésité (SOH, soit syndrome obésité-hypoventilation) [4]. Les effets dépressifs de l'alcool sur le système respiratoire font qu'il est plus difficile de respirer efficacement pendant le sommeil, ce qui aggrave les symptômes.

L'impact est encore plus important pour les personnes qui prennent des médicaments sédatifs, car les effets combinés peuvent altérer de manière significative la fonction respiratoire.

Comment l'alcool affecte-t-il le ronflement ?

La consommation d'alcool à l'approche du coucher augmente le risque de ronflement en détendant les muscles de la bouche et de la gorge. Ce relâchement entraîne le battement des tissus, ce qui crée un bruit lorsque l'air entre et sort. Bien que tous les ronfleurs ne souffrent pas d'apnée du sommeil, l'alcool peut aggraver le ronflement chez ceux qui en souffrent en raison de la relaxation musculaire accrue qui entraîne un ronflement plus fort et plus persistant.

L'impact de l'alcool sur le sommeil

Bien que l'alcool puisse aider une personne à se sentir somnolente au moment de se coucher, il perturbe le processus normal du sommeil. Au fur et à mesure que l'alcool s'estompe au cours de la nuit, le sommeil devient moins profond et de moins bonne qualité, et les réveils plus fréquents. Cette perturbation peut entraîner une nuit agitée et une sensation de fatigue le lendemain.

L'alcool interrompt également le cycle veille-sommeil, ce qui peut contribuer à l'insomnie, en particulier chez les personnes qui utilisent les effets sédatifs de l'alcool pour s'endormir. Cette dépendance peut créer un cycle de mauvaise qualité du sommeil et d'augmentation de la consommation d'alcool.

Les effets perturbateurs de l'alcool sur le sommeil sont particulièrement marqués chez les personnes qui consomment trois verres ou plus avant de se coucher. Cependant, même une consommation légère d'alcool à l'approche du coucher peut perturber le sommeil, en réduisant son caractère réparateur et sa qualité.

Conseils pour les personnes souffrant d'apnée du sommeil

Si vous souffrez d'apnée du sommeil, certaines mesures peuvent aider à atténuer l'impact de l'alcool sur votre respiration pendant le sommeil :

  • Éliminez la consommation d'alcool en soirée : Le moyen le plus efficace d'empêcher l'alcool d'affecter votre apnée du sommeil est d'éviter de boire de l'alcool dans les heures qui précèdent le coucher.
  • Buvez avec modération : Si vous décidez de boire, le faire avec modération peut réduire l'impact négatif sur votre sommeil.
  • Soyez cohérent avec votre traitement d’apnée du sommeil : Le respect du traitement prescrit, comme l'utilisation d'un appareil de PPC (pression positive continue), peut améliorer de manière significative la qualité de votre sommeil, réduire les troubles respiratoires et diminuer le risque de complications de santé associées à l'apnée du sommeil.
  • Parlez-en à votre médecin : Consultez votre médecin au sujet de votre consommation d'alcool, en particulier si les symptômes de l'apnée du sommeil persistent ou s'aggravent. Votre médecin peut vous donner des conseils personnalisés, vous proposer des stratégies pour améliorer votre sommeil et discuter des options de traitement pour gérer efficacement l'apnée du sommeil.

Questions fréquentes

Peut-on boire de l'alcool si l'on souffre d'apnée du sommeil ?

Oui, mais avec modération. L'alcool peut aggraver l'apnée du sommeil en relaxant les muscles de la gorge, ce qui rend l'obstruction des voies respiratoires plus probable. Évitez de boire à l'approche de l'heure du coucher afin de minimiser l'impact de l'alcool. Consultez votre médecin pour obtenir des conseils personnalisés.

L'alcool provoque-t-il des problèmes respiratoires ?

Oui. L'alcool détend les muscles de la gorge et déprime le système nerveux central, ce qui entraîne des difficultés respiratoires, en particulier chez les personnes souffrant d'apnée du sommeil. Cela peut entraîner des épisodes d'apnée plus fréquents et plus graves.

Une consommation excessive d'alcool peut-elle entraîner des problèmes de sommeil ?

Oui. Bien que l'alcool puisse vous aider à vous endormir rapidement, il perturbe le cycle du sommeil, entraînant un sommeil fragmenté et de moindre qualité. Cela peut entraîner une sensation de fatigue et de manque de fraîcheur le lendemain et augmenter le risque de troubles du sommeil à long terme.
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Dr Thierry CASTERA, médecin du sommeil
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