Indice d'apnée-hypopnée (IAH)

Article mis a jour le 13.05.2024

Auteur du texte
L'équipe SleepDoctor
Révisé par le Docteur
Article vérifié
Notre équipe éditoriale, ainsi que nos experts médicaux étudient chaque article avec soin, pour s’assurer de la précision des informations et de la fiabilité des sources
Contenu à jour
Nous vérifions que le contenu de nos articles est en phase avec la littérature scientifique ainsi qu’avec les dernières recommandations des experts
A titre d'information uniquement.
Consultez votre médecin ou prenez RDV gratuite avec notre équipe médicale.
L'indice d'apnée-hypopnée (IAH) quantifie la fréquence des épisodes de réduction ou d'arrêt significatif de la respiration au cours d'une heure moyenne de repos. Cet indice est un élément essentiel des études du sommeil, qui visent principalement à diagnostiquer divers troubles nocturnes.

Plus précisément, l'IAH permet de diagnostiquer l'apnée obstructive du sommeil (SAOS), une affection caractérisée par un rétrécissement ou une fermeture fréquente de la gorge pendant le sommeil, entraînant d'importantes interruptions de la respiration.

Connaître les bases de cet indice peut vous aider à comprendre ce que votre score IAH signifie pour votre sommeil, votre respiration et votre santé.

Qu'est-ce que l'indice d'apnée-hypopnée (IAH) ?

L'indice d'apnée-hypopnée (IAH) est un outil de diagnostic de l'apnée obstructive du sommeil (SAOS), un état dans lequel la respiration s'arrête ou devient superficielle en raison de l'affaissement des voies respiratoires pendant le repos. Cet indice mesure le nombre de fois que vous subissez ces interruptions par heure de sommeil, ce qui permet de déterminer la gravité de votre état.

L'apnée obstructive du sommeil est un trouble du sommeil courant, mais grave, caractérisé par des interruptions répétées de la respiration au cours de la nuit. Ces interruptions, connues sous le nom d'apnées et d'hypopnées, se produisent lorsque les voies respiratoires s'affaissent ou se bloquent pendant le repos.

  • Apnées : Il s'agit d'arrêts complets ou d'une réduction à 90 % de la respiration, d'une durée d'au moins 10 secondes [1].
  • Hypopnées : Il s'agit de blocages partiels des voies respiratoires qui entraînent une respiration superficielle, réduisant le débit d'air de plus de 30 % pendant au moins 10 secondes.
Ces deux troubles réduisent considérablement la qualité du sommeil et peuvent entraîner une diminution du taux d'oxygène dans le sang, ce qui peut causer des problèmes de santé à long terme en l'absence de traitement [2].

L'indice d'apnée-hypopnée (IAH) aide les médecins à évaluer la fréquence des interruptions du sommeil et à classer l'état comme léger, modéré ou grave en fonction du score obtenu. En outre, cette mesure est essentielle pour élaborer des stratégies de traitement, en aidant les professionnels de la santé à recommander la bonne combinaison d'ajustements du mode de vie, d'appareils thérapeutiques ou d'interventions chirurgicales en fonction de la gravité de l'apnée du sommeil.

L'IAH est spécifique au SAOS et diffère de l'indice d'apnée-hypopnée centrale (ICHC), qui est utilisé pour l'apnée centrale du sommeil, une affection due au fait que le cerveau n'envoie pas de signaux corrects aux muscles respiratoires.

Comment l'IAH est-il mesuré ?

L'indice d'apnée-hypopnée (IAH) calcule le nombre moyen d'apnées et d'hypopnées par heure de sommeil, chaque événement durant au moins 10 secondes [3]. Cette mesure est obtenue en divisant le nombre total de ces événements par le nombre d'heures de repos au cours d'une étude du sommeil (polysomnographie). Cette étude permet non seulement de mesurer l'IAH, mais aussi de surveiller les ondes cérébrales, le taux d'oxygène dans le sang, la fréquence cardiaque et la respiration. Elle peut être réalisée dans un laboratoire du sommeil ou à domicile, sous une forme simplifiée.

Outre la polysomnographie, les médecins peuvent également avoir recours à une polygraphie ventilatoire pour évaluer les troubles respiratoires liés au sommeil. Ce test moins invasif se concentre sur les paramètres respiratoires tels que le débit d'air, l'effort respiratoire et la saturation en oxygène, et peut-être réalisé dans le confort de votre domicile. Bien qu'elle ne surveille pas les ondes cérébrales comme la polysomnographie, la polygraphie ventilatoire est un outil précieux pour diagnostiquer des troubles tels que le SAOS, en particulier lorsqu'une polysomnographie complète n'est pas disponible ou nécessaire.
Dépistage gratuit en ligne
Prenez 3 minutes pour évaluer votre risque d'apnée du sommeil
Dr Thierry CASTERA, médecin du sommeil

Comprendre l'indice d'apnée-hypopnée pour les adultes et les enfants

L'IAH est quantifié à l'aide d'une échelle numérique. Les scores sont classés en trois niveaux qui indiquent différents degrés de gravité du SAOS :

Pour les adultes :
  • Léger : Un IAH de 5 à moins de 15 événements par heure.
  • Modéré : IAH de 15 à moins de 30 événements par heure.
  • Sévère : Un IAH de 30 événements ou plus par heure.

Les enfants ont un seuil plus bas en raison de leur métabolisme plus rapide et de leur capacité pulmonaire plus petite, ce qui rend un seul événement significatif [4]. Bien que les catégories d'apnée du sommeil chez l'enfant soient moins standardisées que celles des adultes, la plupart des experts du sommeil les classent généralement de la manière suivante :

  • Légère : Un IAH de 1 à 5 événements par heure.
  • Modéré : IAH de 6 à 10 événements par heure.
  • Sévère : Un IAH de plus de 10 événements par heure.

Les adolescents peuvent être diagnostiqués à l'aide des échelles d'IAH pédiatrique ou adulte, en fonction de leurs caractéristiques physiologiques spécifiques et de la gravité de leurs symptômes.

Les inconvénients de l'IAH

Bien que l'indice d'apnée-hypopnée (IAH) soit un outil essentiel pour diagnostiquer l'apnée obstructive du sommeil (AOS), il a ses limites et ne prend pas en compte tous les facteurs qui montrent la sévérité ou la présence de l'apnée obstructive du sommeil.

Les hypopnées peuvent être mesurées différemment

Alors que les experts s'accordent sur la définition de l'apnée (réduction d'au moins 90 % du débit d'air), les hypopnées, qui impliquent un affaissement partiel des voies respiratoires, ne font pas l'objet d'une mesure standardisée. Ces dernières varient souvent en fonction d'un certain pourcentage de diminution du débit d'air, de changements dans les niveaux d'oxygène dans le sang ou de troubles du sommeil. Cette variabilité peut conduire à des scores d'IAH différents.

L'IAH mesure exclusivement le nombre d'événements respiratoires

L'IAH compte principalement la fréquence des pauses respiratoires pendant le sommeil, mais néglige d'autres détails essentiels :

  • Il ne tient pas compte de l'impact de ces pauses sur les niveaux d'oxygène dans le sang, qui sont essentiels pour évaluer les risques pour la santé associés au SAOS, tels que l'hypertension et le diabète.
  • La durée de chaque apnée ou hypopnée n'est pas mesurée – il suffit qu'elle dure au moins 10 secondes. Des événements plus longs peuvent avoir des conséquences plus graves pour la santé.
  • L'IAH fournit une moyenne sur l'ensemble de la nuit et ne tient pas compte des variations horaires ni de l'influence des différentes positions de sommeil sur les schémas respiratoires.
  • Les mesures de l'IAH effectuées au cours d'une seule nuit dans un laboratoire du sommeil peuvent ne pas représenter avec précision les variations nocturnes, ce qui peut conduire à des erreurs de diagnostic.

Les tests de sommeil à domicile sous-estiment l'IAH

Les tests de sommeil à domicile, qui calculent l'IAH sur la base de la durée totale d'enregistrement plutôt que sur la durée réelle du sommeil, sous-estiment souvent l'IAH d'environ 15 %. Cela peut affecter la précision du diagnostic et de l'évaluation de la gravité du SAOS. Malgré cela, les tests de sommeil à domicile sont souvent prescrits en raison de leur caractère non invasif et de leur confort.

Les autres moyens de mesurer l'apnée obstructive du sommeil

L'indice d'apnée-hypopnée (IAH) est un outil parmi d'autres que les professionnels de santé utilisent pour diagnostiquer ou évaluer la gravité de l'apnée du sommeil. Chaque mesure a ses avantages et ses limites, et il est courant que les médecins intègrent plusieurs sources de données lorsqu'ils évaluent l'apnée obstructive du sommeil.

L'indice de perturbation respiratoire

L'indice de perturbation respiratoire (RDI) est une autre mesure importante qui comptabilise le nombre de perturbations respiratoires par heure de sommeil, y compris les apnées, les hypopnées et les éveils liés à l'effort respiratoire (RERA). Les RERA sont des réductions du débit d'air ou des augmentations de l'effort respiratoire qui ne répondent pas aux critères des apnées ou des hypopnées. Souvent, les rapports d'étude du sommeil mentionnent à la fois l'IAH et le RDI, car ce dernier englobe davantage de types de troubles respiratoires, et il est toujours au moins aussi élevé que l'IAH. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer quel indice fournit l’évaluation la plus précise de la gravité du SAOS.

Les niveaux d'oxygène

Le SAOS est souvent associé à une diminution des niveaux d'oxygène dans le sang en raison d'une perturbation du flux d'air. Les études du sommeil font souvent état de plusieurs paramètres liés à l'oxygène. L'indice de désaturation en oxygène (IDO) mesure le nombre de fois par heure où le niveau d'oxygène dans le sang d'un patient chute de 3 à 4 %. D'autres paramètres couramment rapportés incluent la saturation minimale et moyenne en oxygène, ainsi que la durée de l'hypoxémie — périodes pendant lesquelles les niveaux d'oxygène dans le sang sont inférieurs à la normale.

La qualité du sommeil

Les études du sommeil permettent également d'évaluer la qualité du repos, qui est souvent compromise chez les patients souffrant de SAOS en raison des réveils fréquents causés par les interruptions respiratoires. Ces interruptions respiratoires ont tendance à s'aggraver pendant le sommeil paradoxal (REM).

Souvent, les techniciens fournissent des détails sur la fréquence des réveils et le temps passé dans les différents stades du sommeil pour donner une vue d'ensemble de la sa qualité et de sa structure.

Quelles sont les causes de l'augmentation de l'IAH ?

L'augmentation de l'indice d'apnée-hypopnée (IAH) peut être influencée par plusieurs facteurs liés à l'apnée obstructive du sommeil (SAOS), tels que :

  • Dormir sur le dos, ce qui peut exacerber l'obstruction des voies respiratoires.
  • La consommation d'alcool ou de médicaments sédatifs, qui détendent les muscles de la gorge.
  • La prise de poids, qui peut augmenter la circonférence du cou et la pression sur les voies respiratoires.
  • Le début d'une thérapie de remplacement de la testostérone (TRT), qui peut affecter le tonus musculaire et les habitudes de sommeil.

Si vous remarquez une aggravation de vos troubles respiratoires nocturnes, il est important de consulter votre médecin ou de prendre rendez-vous pour une téléconsultation avec l'un de nos médecins du sommeil.

SleepDoctor offre un parcours médical optimal avec des téléconsultations remboursées et un examen à domicile pour vous aider à diagnostiquer et à traiter l'apnée du sommeil dans le confort de votre maison.
Commencez par faire un test gratuit en ligne qui vous permet d'évaluer votre risque d'apnée du sommeil en seulement trois minutes.

L'impact du traitement du SAOS sur l'IAH

Le traitement par pression positive continue (PPC) est le principal traitement de l'apnée obstructive du sommeil, car il permet de maintenir les voies respiratoires ouvertes pendant le sommeil. La recherche montre que l'utilisation d'un appareil de PPC peut réduire l'indice d'apnée-hypopnée (IAH) de 73 % [5]. Pour les personnes souffrant d'un SAOS sévère, l'utilisation régulière d'un appareil de PPC pendant au moins six heures par nuit peut normaliser l'IAH, en le ramenant à moins de cinq événements par heure.

Outre le traitement par PPC, il existe d'autres stratégies efficaces pour gérer et éventuellement réduire la gravité de l'apnée obstructive du sommeil. Des changements dans le mode de vie, tels que la perte de poids ou la limitation de la consommation d'alcool, peuvent avoir un impact significatif sur l'IAH. De même, dormir sur le côté plutôt que sur le dos peut empêcher la langue et les tissus mous d'obstruer les voies respiratoires. Pour certains, le port d'un appareil buccal qui repositionne la langue ou la mâchoire peut être bénéfique. Dans les cas les plus graves, une intervention chirurgicale visant à retirer les tissus qui obstruent les voies respiratoires peut être envisagée. Ces interventions peuvent compléter le traitement par PPC, offrant ainsi une approche globale de la gestion de l'apnée du sommeil.

Principaux enseignements :

  • L'IAH quantifie les perturbations respiratoires pendant le sommeil, ce qui est essentiel pour diagnostiquer et évaluer la gravité de l'apnée obstructive du sommeil (SAOS).
  • L'IAH est déterminé au cours d'études du sommeil, la gravité étant classée différemment selon qu'il s'agit d'adultes ou d'enfants.
  • Outre l'IAH, d'autres indices tels que l'indice de perturbation respiratoire (RDI) et l'indice de désaturation en oxygène (IDO) donnent une vision plus large des perturbations respiratoires et des niveaux d'oxygène.
  • Des traitements comme la PPC réduisent considérablement l'IAH. D'autres stratégies comprennent les changements de mode de vie, la thérapie positionnelle, les appareils buccaux et la chirurgie, améliorant ainsi la prise en charge globale du SAOS.

Questions fréquentes

Quel est le nombre normal d'apnée du sommeil ?

Le nombre normal d'apnées du sommeil est généralement compris entre zéro et quatre par heure. Un index d'Apnée-Hypopnée (IAH) supérieur à cinq est considéré comme indicatif d'une apnée du sommeil.

Qu'est-ce que l'index de désaturation ?

L'indice de désaturation, souvent mesuré par l'indice de désaturation en oxygène (IDO), représente le nombre moyen de fois par heure où le niveau d'oxygène dans le sang d'une personne chute de 3 à 4 % ou plus pendant le sommeil.

Qu'est-ce que l'hypopnée ?

L'hypopnée est une obstruction partielle des voies respiratoires qui entraîne une réduction significative du débit d'air. Pour qu'il y ait hypopnée, le débit d'air doit diminuer d'au moins 30 % pendant 10 secondes ou plus, ce qui s'accompagne souvent d'une diminution de la saturation en oxygène du sang ou d'un réveil.

Comment soigner une l'hypopnée ?

Le traitement de l'hypopnée consiste généralement à utiliser un traitement par pression positive continue (PPC), qui maintient les voies respiratoires ouvertes pendant le sommeil. D'autres traitements incluent des changements de mode de vie comme la perte de poids et l'évitement de l'alcool avant le coucher, l'utilisation d'appareils buccaux pour ajuster la position de la mâchoire ou de la langue et, dans les cas les plus graves, des interventions chirurgicales pour éliminer les obstructions des voies respiratoires.
Sources