Polygraphie ventilatoire ou polysomnographie : quel examen pour quels troubles ?

09.02.2024

Auteur du texte: L'équipe SleepDoctor

Les médecins du sommeil adaptent leur prescription d’examens du sommeil à la pathologie recherchée.

Pour diagnostiquer et mesurer le trouble du sommeil dont vous semblez atteint, votre médecin vous propose de vous faire passer un examen spécifique. Deux types de bilans coexistent : la polygraphie ventilatoire et la polysomnographie.

La polygraphie ventilatoire : un test effectué à domicile

Dans la grande majorité des cas, le médecin du sommeil (Insérer lien vers article Médecine du sommeil) prescrira une polygraphie ventilatoire. Il s’agit d’un enregistrement du sommeil du patient pendant une durée d’au moins six heures réalisé à domicile.
Ce test comprend notamment :
  • un électrocardiogramme,
  • un enregistrement des mouvements respiratoires,
  • un enregistrement du débit d'air entrant et sortant par les narines,
  • une mesure de la saturation en oxygène du sang lors des apnées et des hypopnées.

La polygraphie ventilatoire à domicile

La polygraphie ventilatoire nocturne : pour confirmer un SAHOS

Un milliard d’adultes âgés entre 30 et 69 ans souffrent d’apnée du sommeil dans le monde [1]. Le syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAHOS) constitue la très grande majorité des apnées du sommeil, loin devant l’apnée centrale du sommeil (SACS) (insérer lien vers article Apnée centrale du sommeil en cours de production). Le SAHOS, se manifeste par des arrêts involontaires de la respiration pendant la nuit. Ces pauses respiratoires peuvent durer de 10 à 60 secondes et survenir des dizaines de fois par heure. Elles sont à l’origine de phases de micro-éveils, jusqu’à une centaine par nuit. En raison de leur brièveté, ces micro-éveils, passent généralement inaperçus, car le dormeur n’en est pas conscient.

Les médecins du sommeil recourent à la polygraphie ventilatoire pour confirmer un diagnostic de SAHOS chez les patients présentant une probabilité clinique modérée à élevée de cette maladie, sans comorbidité ou autres troubles du sommeil associés. Cet examen du sommeil sert également à contrôler l’efficacité du traitement du SAHOS dans le cadre de l’utilisation d’une orthèse d’avancée mandibulaire, ou d’un traitement vélo-amygdalien, chirurgie. La polygraphie ventilatoire va également permettre d’évaluer l’effet à court terme de la réduction pondérale sur les symptômes du SAHOS.

La polygraphie ventilatoire peut aussi en outre servir à évaluer l’efficacité du traitement (chirurgical ou dentaire) chez des patients :
- présentant des troubles respiratoires liés au sommeil qui avaient eu une bonne réponse initiale au traitement ;
- toujours symptomatiques pour des troubles du sommeil, lorsque le diagnostic initial a été réalisé avec une polysomnographie.
Vous souffrez peut-être d’apnée du sommeil
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La polysomnographie : le bilan le plus complet

La polysomnographie est un examen plus approfondi et complexe, évaluant en détail la qualité du sommeil du patient, généralement effectué dans un centre spécialisé. Il permet d’enregistrer de multiples paramètres, grâce à des électrodes positionnées sur le crâne et diverses parties du corps. En plus des mesures effectuées lors d'une polygraphie, cet examen inclut :
un électro-encéphalogramme qui mesure l'activité cérébrale,
un électromyogramme qui mesure l’activité musculaire du menton et des jambes,
un électro-oculogramme qui mesure les mouvements oculaires.

L'analyse de ces données permet au médecin de décrypter les diverses phases du sommeil et d'évaluer sa qualité, en se concentrant notamment sur :
  • les micro-réveils,
  • les interruptions respiratoires,
  • les mouvements périodiques des jambes.

La polysomnographie

La polysomnographie pour dépister l’ensemble des troubles du sommeil

Les médecins du sommeil peuvent identifier de nombreux troubles respiratoires du sommeil grâce à une polysomnographie, comme :
  • le SAHOS,
  • le SACS,
  • le syndrome d’hypoventilation de l’obèse,
  • le syndrome de haute résistance des voies aériennes supérieures,
  • le syndrome d’hypoventilation centrale congénitale (syndrome de Pickwick).

Cet examen permet également d’adapter la pression des masques utilisés la nuit dans ces troubles. Ces dispositifs fournissent un débit continu d'air pressurisé permettant de maintenir les voies respiratoires ouvertes pendant le sommeil (ventilation nasale ou faciale par pression positive continue - PPC).
Les médecins du sommeil prescrivent également une polysomnographie dans le cadre du suivi et de l’évaluation :
  • des patients souffrant d’un SAHOS traités par voie orale ou par traitement chirurgical,
  • des patients traités par PPC qui ont subi une variation considérable de poids.

Les médecins du sommeil peuvent recourir à cet examen pour dépister des troubles du sommeil dont le diagnostic est ambigu, ou qui se combinent avec d’autres troubles du sommeil comme :
  • le syndrome des jambes sans repos,
  • le syndrome des mouvements périodiques des membres inférieurs.

La polysomnographie permet de diagnostiquer les troubles respiratoires compliqués par des facteurs cardio-respiratoires. Ce bilan du sommeil est également utilisé pour diagnostiquer :
  • des hypersomnies (narcolepsie ou l’hypersomnie idiopathique)
  • des parasomnies atypiques (troubles de l’éveil, troubles du sommeil paradoxal…).

À retenir :

  • La polygraphie ventilatoire est couramment prescrite pour confirmer un SAHOS.
  • La polysomnographie est un bilan du sommeil plus complet.
  • La polysomnographie permet de diagnostiquer certains troubles respiratoires dont le diagnostic est ambigu ou qui se combinent avec d’autres troubles.
Sources
[1] Benjafield A. et al. , Estimation of the global prevalence and burden of obstructive sleep apnoea: a literature-based analysis, Lancet Respir Med. 2019 Aug; 7(8), p.687–698
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Dr Thierry CASTERA, rédacteur médical