L’éreintant syndrome des jambes sans repos

19.01.2024

Auteur du texte : L'équipe SleepDoctor

Le syndrome des jambes sans repos est un trouble moteur du sommeil qui provoque des réveils fréquents, des difficultés à se rendormir et des épisodes d’insomnie. Ses causes sont encore mal connues.

Brûlures, piqûres, fourmillements, impatience dans les jambes : autant de sensations désagréables qui interviennent essentiellement la nuit ou au repos et qui sont soulagés par le mouvement. Ces symptômes étranges relèvent d’une pathologie neurologique encore mal connue : le syndrome des jambes sans repos, récemment baptisée maladie de Willis-Ekbom. Ce trouble sensorimoteur (c’est-à-dire qui concerne à la fois les phénomènes sensoriels et l'activité motrice) perturbe profondément le sommeil des patients concernés.

Un syndrome qui touche majoritairement les femmes

Le syndrome des jambes sans repos touche environ 8,4 % de la population. Parmi celle-ci, 2,5 % des personnes atteintes souffrent de formes sévères, voire très sévères [1]. Cette pathologie apparaît à l’âge adulte [2]. Elle tend à s’aggraver avec le temps [3]. Sa fréquence atteint 30 % chez les plus de 50 ans et 45 % chez les plus de 65 ans [4]. Dans de rares cas, elle peut survenir chez l’enfant ou l’adolescent [5]. Ce trouble sensorimoteur touche plus de femmes (10,8 %) [6] que les hommes (5,8 %).
80 % des patients qui souffrent d’un syndrome des jambes sans repos présentent également un trouble des mouvements périodiques des membres inférieurs, une pathologie caractérisée par des mouvements anormaux des jambes [7], un autre trouble moteur du sommeil.

Le diagnostic du syndrome des jambes sans repos

Le diagnostic de ce trouble moteur du sommeil se fait essentiellement sur des signes cliniques. Quatre critères caractérisent le syndrome des jambes sans repos :
  • Un besoin impérieux de bouger les jambes, accompagné ou généré par des sensations inconfortables dans les membres inférieurs.
  • Ces sensations apparaissent ou sont accentuées pendant les périodes de repos ou d’inactivité, en position allongée ou assise.
  • Elles s’aggravent le soir et la nuit par rapport au jour.
  • Elles disparaissent totalement ou partiellement grâce au mouvement des jambes [8].

Dans 20 % des cas, ces symptômes touchent aussi les bras. Beaucoup plus rarement, ils peuvent affecter d’autres parties du corps du patient.
Pour soulager ces impatiences, les patients bougent le ou les membres concernés en faisant des étirements, en donnant des coups de pied ou en marchant. Ces impatiences ont donc un impact négatif sur l'endormissement du patient. Elles peuvent provoquer des réveils nocturnes répétés et générer des difficultés à se rendormir [9].
Un test du sommeil (une polysomnographie avec enregistrement vidéo) pourra être nécessaire si d’autres troubles sont présents comme un trouble des mouvements périodiques des membres inférieurs.

Le saviez-vous ? Les personnes qui souffrent d’un syndrome des jambes sans repos associé à des insomnies présentent un sûr risque de symptômes dépressifs et sont sujettes aux idées suicidaires [10]. Un an après la mise en route d’un traitement personnalisé du syndrome des jambes sans repos, une étude menée sur plus de 500 patients montre que les troubles du sommeil comme les symptômes dépressifs ont nettement régressé. En revanche, la prévalence des idées suicidaires reste inchangée [11].
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Le traitement du syndrome des jambes sans repos

Les mécanismes exacts du syndrome des jambes sans repos restent méconnus [12]. Les scientifiques estiment cependant que deux éléments semblent jouer un rôle important :
  • une carence en fer,
  • une carence en dopamine [13].
On sait cependant que dans de nombreux cas, ce trouble moteur du sommeil présente un caractère héréditaire [14]. Plus d’un tiers des patients concernés présentent des antécédents familiaux de syndrome des jambes sans repos. Ce trouble est dit idiopathique lorsque aucun membre de la famille n’est atteint et qu’aucune cause n’est identifiée.
Il est qualifié de secondaire lorsqu’il est associé à trouble ou une situation déclenchant :
  • Insuffisance rénale chronique,
  • Anémie causée par une carence en fer,
  • Diabète,
  • Hypothyroïdie,
  • Fibromyalgie,
  • Sclérose en plaques,
  • Maladie de Parkinson,
  • Grossesse,
  • Prise de certains médicaments (neuroleptiques, anti-dépresseurs, etc),
  • Surpoids, obésité,
  • Consommation d’alcool, de tabac,
  • Stress, fatigue [15].

Le traitement repose sur des mesures hygiéno-diététiques :
  1. Limiter la consommation d’excitants (café, thé, vin),
  2. Pratiquer une activité physique modérée,
  3. Avoir des horaires de coucher et de lever réguliers,
  4. Éviter les activités excitantes (sport, jeux vidéo, …) en soirée ;
  5. Dormir dans une chambre fraîche sans trop se couvrir… [16]

Lorsque la qualité de vie du patient est trop impactée, des médicaments peuvent être prescrits :
  • benzodiazépines hypnotiques pour lutter contre les troubles du sommeil,
  • antalgiques en cas de douleurs,
  • dopaminergiques [17].

À retenir :

  • Le syndrome des jambes sans repos est un trouble moteur du sommeil.
  • Son diagnostic repose sur un examen clinique.
  • Si d’autres troubles sont présents comme celui de mouvement périodique des membres inférieurs, une polysomnographie avec enregistrement vidéo pourra être prescrite.
Sources
[6] F. Tison, A. Crochard, D. Leger et S. Bouee, « Epidemiology of restless legs syndrome in French adults: A nationwide survey: The INSTANT Study », Neurology, vol. 65, n° 2,‎ 26 juillet 2005, p. 239–246 (ISSN 0028-3878 et 1526-632X, DOI 10.1212/01.wnl.0000168910.48309.4a
[13] La dopamine est une substance permettant la transmission de l’information entre les cellules du système nerveux
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Dr Thierry CASTERA, rédacteur médical