Problèmes d'erection et apnée du sommeil

Contenu publié le : 23.03.2023 et modifié le: 15.09.2023
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Fréquents chez les hommes, les troubles de l’érection peuvent découler de diverses causes, dont certaines sont méconnues. Parmi elles, l’apnée du sommeil. Décodage d’une mécanique subtile qui peut se dérégler sous l’effet d’un manque d’oxygénation des tissus.

Que celui qui n’a jamais vécu une panne au lit lève le doigt ? Selon une étude menée en 2019 par l’Ifop, 61 % des hommes français déclarent avoir déjà rencontré cet imprévu au moins une fois au cours de leur vie. Une proportion en hausse continue au cours des quinze dernières années (44 % des hommes en 2005) [1]. Rien de grave, rassurez-vous : la sexualité est une chose délicate et la mécanique n’est pas si mécanique. Mais lorsque le trouble s’installe, la politique de l’autruche n’est pas d’un grand secours. La panne sexuelle reste un profond tabou au sein de la gent masculine, tant dans le couple qu’avec les professionnels de santé – à peine un quart des hommes présentant une dysfonction érectile a déjà consulté un médecin à ce sujet [2]. De surcroît, elle entraîne des difficultés psychologiques réactionnelles qui compliquent le problème. Mais au fait, comment ça marche ?

Le fonctionnement de l’érection

Comment le pénis passe-t-il de l’état flaccide – c’est-à-dire mou – à l’état rigide ? L’érection est un phénomène complexe qui fait appel à plusieurs ressorts : cognitif, chimique et mécanique.

  1. Tout commence par le cerveau, qui actionne la manivelle : en réaction à une stimulation sexuelle physique ou mentale, il envoie des signaux d’influx nerveux à la verge à travers la moelle épinière. Dans cette phase d’excitation, la dopamine est le principal neurotransmetteur en jeu.
  2. Le message chimique envoyé au pénis provoque une décontraction des fibres musculaires entourant les cavités des corps caverneux érectiles. Ce relâchement va permettre l’afflux sanguin : les artères péniennes s’ouvrent et les corps caverneux se gorgent de sang. Le pénis augmente de volume : c’est la phase de tumescence. La pression sanguine monte d’un cran jusqu’à comprimer les veines. Le pénis se tend et se redresse jusqu’à être rigide.
  3. Au maximum de l’excitation, les muscles situés à la base du pénis se contractent, ce qui a pour effet de chasser le sperme : c’est l’éjaculation. Éjectés des testicules, les spermatozoïdes transitent par les vésicules séminales et la prostate où ils se mélangent au liquide sécrété par ces glandes pour former le sperme, excrété par l’urètre.
  4. Après l’orgasme, ou avant si l’éjaculation n’a pas lieu et si la stimulation du pénis s’interrompt, la verge entre dans sa phase de détumescence. Les artères se referment, la pression sanguine diminue et elle redevient flaccide. Cette phase est suivie d’une période dite « réfractaire » pendant laquelle, malgré toutes les bonnes intentions, il n’y a pas d’érection possible.
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La dysfonction érectile

Mais tout ne fonctionne pas toujours comme prévu. La dysfonction érectile (DE), terme qui remplace depuis les années 1990 celui d’impuissance, est l’incapacité persistante ou récurrente à obtenir ou maintenir une érection permettant un rapport sexuel satisfaisant pendant au moins trois mois. Elle est la dysfonction sexuelle la plus étudiée [3].
En la matière, les chiffres varient selon les études. Après le cap fatidique dès 40 ans, un homme sur trois en moyenne rencontre des troubles de l’érection [4]. L’Association française d’urologie retient les valeurs suivantes [5] :
  • moins de 40 ans : entre 1 et 9 % ;
  • entre 40 et 49 ans : inférieure à 10 %, s’élevant dans certaines études à 15 % ;
  • entre 50 et 60 ans : la prévalence varie beaucoup d’une étude à l’autre ;
  • entre 60 et 70 ans : la prévalence est comprise entre 20 et 40 % ;
  • au-delà de 70-80 ans : entre 50 et 100 %.

Selon une étude américaine, 50 % des hommes souffriraient plus ou moins de dysfonction érectile [6].
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La sentinelle des maladies cardiovasculaires

Dans 90 % des cas, la dysfonction érectile est secondaire [7] : elle est causée par une pathologie – maladie cardiovasculaire, diabète, hypercholestérolémie, dépression, maladies psychiatriques… Bon à savoir : elle constitue d’ailleurs le symptôme sentinelle des maladies cardiovasculaires. Le surpoids et la sédentarité n’aident pas non plus. Ponctuellement, elle peut aussi être l’effet d’une consommation excessive d’alcool et de tabac, et peut apparaître dans un contexte d’anxiété et de dépression. Mais pas uniquement : le lien entre sommeil et vie sexuelle est également avéré chez les hommes.

Troubles de l'erection : l'apnée du sommeil en cause

Comme les symptômes des voies urinaires inférieures ou la déficience en testostérone, le trouble de l'érection a bel et bien une relation linéaire avec le sommeil [8]. Les symptômes les plus graves surviennent avec un sommeil de mauvaise qualité. Les hommes qui souffrent du syndrome d'apnée-hypopnée obstructive du sommeil (SAHOS) sont davantage susceptibles de souffrir de dysfonctionnement érectile que les autres. On observe même un déclin constant de tous les domaines de la fonction érectile inversement proportionnel à l'augmentation de la sévérité du SAHOS [9].

Et ça semble logique : l'apnée du sommeil est une cause d'hypoxémie, le terme scientifique pour décrire un faible taux d'oxygène dans le sang et dans les tissus. Les cellules ayant besoin d'oxygène pour produire de l'énergie et conserver leur intégrité, une oxygénation anormalement basse impacte les corps érectiles du pénis.

La ventilation améliore l’érection

Afin de démontrer l’association entre l'apnée obstructive du sommeil et la dysfonction érectile, des études ont été menées pour déterminer si l'initiation de la pression positive continue (PPC) améliorerait la fonction érectile chez les hommes atteints de SAHOS et souffrant de dysfonctionnement sexuel. À court terme, le traitement par PPC semble efficace : 75 % des patients souffrant de DE avec un SAHOS ont récupéré une fonction érectile normale après un mois de traitement par PPC, avec une amélioration importante de leur qualité de vie [10]. Après un an de traitement, les patients notent une amélioration maximale de leur fonction érectile [11]. Les études concluent donc à la réversibilité de la dysfonction érectile sous traitement nasal par PPC. Bonne nouvelle !

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À retenir :
  • Un homme sur trois rencontre des problèmes d’érection après 50 ans.
  • L’apnée du sommeil provoque une hypoxémie, c’est-à-dire un faible taux d'oxygène dans le sang, qui affaiblit l’érection.
  • La dysfonction érectile chez les patients apnéiques est réversible grâce au traitement par la respiration nocturne spontanée en pression positive continue.
Sources
[1] Les hommes et les problèmes d’érection, le grand tabou ? Etude Ifop / Charles.co ; 2019
[2] Les hommes et les problèmes d’érection, le grand tabou ? Etude Ifop / Charles.co ; 2019
[3] Association française d’urologie, Prog Urol, 2013, 9, 23, 629-637
[4] Association française d’urologie, Référentiel du Collège d’Urologie, 5e éd., Formations du Collège,
[6] Feldman HA, Goldstein I, Hatzichristou DG, et al., Impotence and its medical and psychosocial correlates: results of the Massachusetts Male Aging Study. J Urol 1994;151:54-61.
[7] Manuels MSD,
[8] Taylor P. Kohn, Jaden R. Kohn, Nora M. Haney, Alexander W. Pastuszak, Larry I. Lipshultz, The effect of sleep on men’s health, Transl Androl Urol 2020;9(Suppl 2):S178-S185 | http://dx.doi.org/10.21037/tau.2019.11.07
[9] Margel D, Tal R, Livne PM, Pillar G. Predictors of erectile function improvement in obstructive sleep apnea patients with long-term CPAP treatment. Int J Impot Res. 2005;17(2):186–90.
[10] Gonçalves MA, Guilleminault C, Ramos E, Palha A, Paiva T. Erectile dysfunction, obstructive sleep apnea syndrome and nasal CPAP treatment. Sleep Med. 2005;6(4):333–9.
[11] Margel D, Tal R, Livne PM, Pillar G. Predictors of erectile function improvement in obstructive sleep apnea patients with long-term CPAP treatment. Int J Impot Res. 2005;17(2):186–90.
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Dr Thierry CASTERA, rédacteur médical