Somnolence diurne : quand faut-il s'inquiéter ?

14.12.2023

Auteur du texte: L'équipe SleepDoctor

Avoir envie de dormir en plein jour peut avoir de lourdes conséquences sur le quotidien. C’est également un signe clinique qui peut révéler un trouble du sommeil comme la narcolepsie ou l’apnée du sommeil.

Vous avez une envie irrésistible de vous endormir plusieurs fois par jour ? Vous bâillez en réunion ? Vous peinez à maintenir votre vigilance pendant vos temps de trajet ? Vous souffrez peut- être de somnolence diurne.

Ne pas confondre somnolence et fatigue

Bien souvent, on attribue ces symptômes à la fatigue. Pourtant, fatigue et somnolence ne se confondent pas. Leurs causes, leurs conséquences tout comme leur prise en charge sont différentes.
La fatigue se définit comme une sensation d’affaiblissement, physique ou moral, qui survient à la suite d’un effort soutenu.
La somnolence est, quant à elle, un état intermédiaire entre la veille et le sommeil, qui se caractérise par une tendance irrésistible à l’assoupissement si la personne n’est pas stimulée. Elle se manifeste par une envie de dormir au cours de la journée et se traduit par une baisse temporaire de la vigilance.

Somnolence diurne normale ou excessive ?

La somnolence peut naturellement survenir dans diverses situations, notamment :
  • Le soir quand vient l’heure du coucher,
  • Après le déjeuner,
  • Après une soirée festive,
  • Après une nuit ponctuée de réveils,
  • Après une nuit blanche
  • En cas d’insomnie...
À savoir : La somnolence diurne est un phénomène fréquent chez les personnes âgées dont le rythme du sommeil est modifié.

Cependant, cette somnolence peut parfois devenir excessive et être, par conséquent, considérée comme pathologique.

Elle se traduit alors « par un besoin non désiré de dormir qui se manifeste quotidiennement ou presque, en dehors des moments précités et constitue une gêne pour la personne » [1]. Ce besoin peut même être irrésistible. Enfin, la journée peut être entrecoupée par de véritables épisodes d’endormissement, plus ou moins récupérateurs.

Le saviez-vous ? Un Français sur cinq est concerné par la somnolence diurne.
Vous souffrez peut-être d’apnée du sommeil
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Comment savoir si c’est pathologique ?

Pour évaluer la somnolence diurne et son impact sur les activités de la vie quotidienne, on utilise souvent l’échelle de vigilance d’Epworth.
Cet auto-questionnaire d’évaluation, mis au point en 1991 par un médecin du laboratoire du sommeil d’Epworth à Melbourne (Australie), est une méthode d’investigation subjective. Autrement dit, il s’intéresse au ressenti du patient.
Combien de fois vous assoupissez-vous en journée dans les transports, lors de réunions ou encore en salle d'attente ?
Votre score sur l'échelle d'Epworth, basé sur vos réponses à ces questions, évalue cette propension. Un total de 10 points ou plus suggère habituellement une somnolence diurne pathologique.

Le médecin peut, toutefois, préférer explorer l’éventualité d’une somnolence diurne pathologique au moyen d’examens cliniques objectifs. Ces tests de vigilance, qui apportent au professionnel du sommeil des éléments de référence quantifiables, sont :
- Le test de maintien de l’éveil (TME),
- Le test itératif de latence d’endormissement (TILE),
- L’Oxford Sleep Resistance Test (OSLER).

Diagnostiquer la somnolence diurne

Le TME

Le test de maintien de l’éveil (TME), également appelé maintenance of wakefulness test (MWT test), vise à évaluer le degré de vigilance du patient, c’est-à-dire sa capacité à se maintenir éveillé dans des conditions propices à l’endormissement [2].
Il s’appuie sur différents paramètres, dont les ondes cérébrales, grâce à un électroencéphalogramme (EEG). Il permet notamment de repérer l’apparition, ou non, des ondes associées à l’endormissement, appelées “ondes Thêta“ (4 à 7 c/s et 50 à 100 microvolts).

Le TILE

Les tests itératifs de latence d’endormissement (TILE) servent, quant à eux, à évaluer la propension à s'endormir en journée.
Ils consistent à analyser l’activité cérébrale, oculaire et musculaire du patient.

Ils sont effectués en journée, à horaires fixes, dans un cadre contrôlé, comme un laboratoire du sommeil.
Habituellement, le patient est invité à faire plusieurs siestes durant la journée.
Il sera, pour cela, installé dans une chambre individuelle plongée dans l'obscurité et confortablement allongé dans un lit.

Ces tests ont plusieurs objectifs et permettent :
  • De mesurer la latence d’endormissement, qui se calcule en minutes, entre la fermeture des yeux en condition de sommeil et l’entrée effective en sommeil.
  • De diagnostiquer et quantifier une somnolence diurne excessive, aussi nommée SDE, à l'aide de la polysomnographie.
  • De détecter d'éventuels endormissements anormaux durant la phase de sommeil paradoxal.
  • De confirmer une suspicion de troubles du sommeil, tel que la narcolepsie.

Le test d’Osler

Lorsqu’il n’est pas possible de pratiquer un TME, un test d’Osler peut être proposé au patient.
Ce dernier consiste en une évaluation simplifiée de la somnolence diurne et dureune quarantaine de minutes. Il ne nécessite pas de pratiquer un électroencéphalogramme et s’appuie sur la réaction comportementale face à un stimulus lumineux [3].

La somnolence diurne : un symptôme à prendre au sérieux

Une somnolence diurne peut avoir de lourdes conséquences :

Elle peut également être le signe clinique de pathologies lourdes comme un syndrome d’apnées/hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS).
Il est, en effet, tout à fait possible d’être atteint de ce trouble respiratoire du sommeil sans en être conscient. Pourtant, ses effets ne sont pas à négliger.
Il est donc essentiel, en cas de somnolence, d'explorer les différentes causes potentielles de cet état.

Les traitements de la somnolence diurne

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Sources
[2] Arnulf, I., et al., Recommandations de la Société française de recherche et de médecine du sommeil (SFRMS) Procédure de réalisation des tests itératifs de vigilance, Médecine du Sommeil, vol. 5, no 17, septembre 2008, p. 38‑41.
[3] Mazza, S., et al., The Oxford Sleep Resistance Test une mesure simplifiée de la somnolence diurne excessive ». Médecine du Sommeil, vol. 1, no 2, décembre 2004, p. 39‑42.
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Dr Thierry CASTERA, rédacteur médical